par Franck Thomas

Tangentes du Voyage au bout de la nuit.

Toile de fond

novembre 2008

« Il faut croire Claude Lorrain, les pre­miers plans d’un tableau sont tou­jours répu­gnants et l’art exige qu’on situe l’intérêt de l’œuvre dans les loin­tains, dans l’insaisissable, là où se réfugie le men­songe, ce rêve pris sur le fait, et seul amour des hommes. »

Derrière Arthur assis, les cheveux au vent, la mer, les mots.

D’abord, quelques bâti­ments en sur­plomb, pierre de taille, un village, hameau sauvage, ruines savantes, blanche, morte façon, des portes arrondies, propres et sèches et belles.

Le long des berges, folies et légendes, falaises. Un enfant courbe la prairie, il gigue en silence, le pied, l’œil, la joie tissée de motifs évi­dents, il porte la couleur, les chants. Sur sa nuque, un parent, la main amie, sûre.

En retrait, c’est la foule.

Liesse tranquille, devant l’eau qui roule, apaise, joue, étale.

Et là-​​bas, au loin, au fond, télé­phone et sourire, la paix, qui pro­gresse, impas­sible, sans crainte de se heurter aux lettres grasses du slogan, au froid métal bordant l’image, brus­quement cen­surée par la rame embrassant la station.

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