par Franck Thomas

Tangentes du Voyage au bout de la nuit.

Supprime

janvier 2009

« Même sa propre mort, il la spécule mal et de travers. »

Mes chers compatriotes,

L’année 2008 s’achève. Elle a été rude.

Celle qui vient s’annonce dif­ficile. Nous devons nous pré­parer à de grands chan­ge­ments. L’inconséquence de quelques-​​uns est à l’origine du profond bou­le­ver­sement que tra­verse notre pays. Toutes les réformes engagées ces der­niers mois risquent de voir leurs résultats remis en cause par l’action incon­si­dérée d’une poignée de voyous aux manœuvres fallacieuses.

Mais vous m’avez élu pour remettre notre pays sur les rails, et je prendrai toutes mes res­pon­sa­bi­lités. La crise nous oblige à changer plus vite et plus pro­fon­dément. Dans tous les sec­teurs, les licen­cie­ments en masse se pré­parent. Il y a de plus en plus de chô­meurs. Nous ne par­venons plus à payer toutes les retraites. Nous sommes la cible tou­jours plus vul­né­rable d’une immi­gration clan­destine et criminelle.

Face à la menace, il nous faut agir au plus vite. Il y a trop de chô­meurs. Il y a trop de sans-​​papiers. Il y a trop de retraités. Les réformes que j’ai voulues auraient permis de régler rapi­dement tous ces pro­blèmes, si nous n’avions eu affaire à quelques fourbes agi­ta­teurs. Oui, je veux parler de cette oppo­sition puérile ! Je veux parler de ces irres­pon­sables asso­ciatifs ! Je veux parler de ces magis­trats pédants ! Si notre pays va aussi mal aujourd’hui, et cela est par­fai­tement clair, c’est d’avoir refusé d’ouvrir les yeux, et d’avoir écouté les jéré­miades sour­noises de quelques privilégiés !

Mes chers com­pa­triotes, pour sortir notre pays de la crise, il est aujourd’hui néces­saire de nous débar­rasser des plus encom­brants. C’est une réalité. Nous n’y échap­perons pas. Pour y répondre effi­ca­cement, j’ai décidé il y a quelques jours de lancer un grand plan d’urgence. C’est un plan qui implique chacun d’entre nous, où nous avons tous un rôle à jouer. Tous, nous connaissons au moins un chômeur, ou un pré­caire. Tous, nous avons au moins un proche parti en retraite, ou sur le point d’y partir. Tous, nous sommes confrontés régu­liè­rement au racket d’un tzigane ou d’un afghan. Aujourd’hui, c’est à chacun de nous d’agir pour le bien de notre pays. Ensemble, nous pouvons sur­monter cette épreuve. Ensemble, tout devient possible.

Ma logique est la même que depuis le début : asservir plus pour tuer plus.
La pre­mière mesure de notre plan de relance sera de fournir plu­sieurs mil­liards qui per­met­tront aux stran­gu­la­teurs et aux affa­meurs, par­ti­cu­liè­rement touchés par la crise, de se ren­flouer. Ils pourront ainsi pour­suivre leur tâche de fond pour l’assainissement de notre société tout en moder­nisant leur pra­tique, et par­ti­cu­liè­rement la mort à crédit.

J’ai éga­lement décidé de créer un Haut-​​commissariat aux maladies, propre à faire remonter chez nous les anciennes valeurs sûres que consti­tuaient la variole, le choléra ou la tuber­culose. Il est plus que temps : toutes ces maladies refont leur appa­rition sur le globe, parfois à nos fron­tières, nous ne pouvons pas rester à la traîne ! Le plan Alz­heimer quant à lui sera inten­sifié, afin de réduire la durée inutile de la maladie et obtenir plus rapi­dement le décès. Nos recherches sur le Sida seront éga­lement pour­suivies, même si je me félicite des très bonnes per­for­mances qu’il continue de pro­duire, plus de vingt ans après son apparition.

Enfin, après la sup­pression du juge d’instruction accom­pa­gnant la réforme de la justice, j’ai voulu donner un signal fort à chaque citoyen prêt à col­la­borer pour le pays. Ainsi, j’institue aujourd’hui la dépé­na­li­sation des meurtres sup­plé­men­taires. Une loi sera bientôt votée en ce sens, mais rassurez-​​vous, la mesure est déjà appli­cable puisque je viens de vous l’annoncer.

Mes chers com­pa­triotes, ce sera dur mais nous vain­crons. Et puis, il y a quand même des raisons d’espérer au milieu de la tour­mente : pour celui ou celle qui hési­terait à refroidir le men­diant à sa porte, l’hiver s’en chargera peut-​​être pour lui…

Du fond du cœur je présente à chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour 2009.

Vive la République. Et vive la France.

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