par Franck Thomas

Tangentes du Voyage au bout de la nuit.

Figure

décembre 2008

« J’étais en sursis de mort et amoureux. »

Elle a de jolis yeux, moi un peu froid. En se levant ce matin, le soleil a aéré nos draps. Elle me dit : rien qui vaille… dans un soupir étouffé -­ ou la salle de bain peut-​​être. Nos regards s’évitent ; et plus vite encore ils se retrouvent. Je tourne les pensées dans ma tête, en rond sur le tapis, en bour­rique surtout.

J’hésite ; elle en revanche n’a rien. Du moins, là où je suis, c’est ce que je vois d’elle, au plus. Nue, de marbre, un cas rare au buste divin sur lequel je statue avec peine… Je l’observe : le visage d’une vie sage, et pourtant hier je vis… ah ! je… En même temps que moi, elle allumait la musique, entrai­nante et char­nelle. Ai-​​je rêvé cette nuit ? Impos­sible qu’aucun l’ait vue coquine !

La porte baille ; elle se tire.

Bri­guant la truande, je pensais avoir semé la mort ; une soirée arrosée, et sa petite me cueille…

Avec les clés de la chambre, elle me rend fou - plus celle de la consigne.

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