par Franck Thomas

Physionomies langagières et émotives.

Lucie

février 2007


Il est si beau pourtant.
Il l’est aussi à sa manière il l’était, aussi…
 
Elle l’aime, bien sûr. Mais comment savoir si elle n’est pas aussi en train d’en tomber amou­reuse ? Il est plutôt fort, il est très dif­férent. Pas vraiment, mais drôle, ras­surant, drôle oui et on dirait elle croit, qu’elle lui plaît oui c’est sûr non. Elle a rendez-​​vous il va venir, elle aimerait mais pas, lui ne viendra pas, peut-​​être pas après tout il va venir. Elle a envie, elle ne sait pas ce serait plus simple peut-​​être non.
 
Leur pre­mière ren­contre : au tabac, brutale !
Mais ce banc, leur pre­mière rencontre…
 
Il ne s’est rien passé, il va arriver il n’y va pas elle ne ; c’est ça, il ne se passe rien.
Après tout.
Rien.
Et elle n’est pas comme ça. Car elle.
Mais elle a envie pourquoi, elle c’est un signe.
Elle va partir il n’est jamais là, qui, elle peut, il ne viendra pas.
 
Elle l’aime, bien sûr.
 
Main­tenant il appelle, ou elle ; plutôt elle.

— Pourvu qu’il n’arrive pas, qu’il arrive ce qui doit. —
Oui, rien de spécial, tout à l’heure oui oui non oui oui oui oui elle aussi.


Qu’il vienne ! Elle ne sait pas, mais un peu plus, mais non peut-​​être.
Elle part, assise. Elle part, assise.
 
Tout de suite elle se lève. Elle veut elle s’en va elle tourne elle ne veut pas, elle se lève. Elle regarde elle a peur (un piège) elle l’aime, elle ne elle part, en courant ; il est là.
Il est là.
 
Il est venu.
Lui est parti, ou elle ; plutôt elle.
 
Il n’existe (tout à l’heure oui oui non oui oui oui)…
Ils s’assoient.
 
Elle l’aime, c’est sûr.
L’autre n’existe plus.

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