par Franck Thomas

Publications dans la revue.

Philippe Thomas #0

février 2009


Lorsque Vincent Mac Mahon est venu nous en parler, je n’avais encore jamais vraiment tenté d’agir de la sorte. Avec finesse, il sut nous convaincre. Seul un homme élo­quent était capable de m’embarquer. Aujourd’hui, le sou­venir que je garde reste celui, étrange, d’un impromptu prémédité.
 
Onel a ouvert la porte sur la pénombre d’un hall imposant. Là, un secré­taire entrouvert et quelques fau­teuils Louis XV aux dos­siers élimés s’accordaient au papier-​​peint. Nous nous sommes aus­sitôt engagés dans le couloir.
En arrivant dans une pièce plus lumi­neuse, une petite sta­tuette a attiré mon attention. Coulée dans un alliage de bronze, elle paraissait arti­fi­ciel­lement vieillie pour en obtenir l’aspect ver­dâtre. Chose étrange, alors même qu’elle reposait sur un socle à hauteur d’homme, ouver­tement offerte au regard des visi­teurs, il sem­blait qu’on l’eut reléguée dans un coin, comme si sa nature sin­gu­lière ne devait surtout pas être sol­li­citée. Je n’eus pas le loisir d’approfondir, car mon attention fut rapi­dement détournée.
 
J’étais resté en retrait, ne m’autorisant qu’un rôle discret pour cette pre­mière fois. De loin j’apercevais surtout Darius, qui me parut assez actif malgré sa non­cha­lance habi­tuelle. Je par­courais en silence, avec concen­tration, le rez-​​de-​​chaussée, couvert selon mon sou­venir – sans tou­tefois pouvoir l’assurer – de parquet sur toute sa surface. Quelques toiles aux cadres sobres ornaient les murs selon une logique appa­rente de reven­di­cation contre leurs auteurs, impres­sion­nistes et nabis pour nombre d’entre eux. Par de larges fenêtres, je m’arrêtai à plu­sieurs reprises pour contempler l’étendue du domaine, dont je ne par­venais pourtant pas à iden­tifier les frontières.
Un cadre somptueux.
 
Sur un signe de Cyril Verde, nous sommes sortis.
Je ne connaissais pas cet homme, qui avait pourtant tout organisé.

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