par Franck Thomas

Publications dans la revue.

Cyril Verde #0

février 2009

De toute façon, Onel, c’est un menteur : on peut pas compter sur lui. J’essaie de faire confiance, j’essaie, mais de nos jours, on peut compter sur per­sonne. Question d’organisation. Ok, je reconnais que la plupart du temps, je me contente d’obéir, mais quand même. Enfin, obéir… on fait tou­jours attention, hein ?

On était plu­sieurs, combien, je sais pas. Une dizaine, peut-​​être ? Il faisait sombre, mais oui, on était assez nom­breux. Deux, trois femmes, je crois, pas vraiment jolies, non. Une grande blonde, pan­talon en cuir, trop vul­gaire, les autres je sais plus. J’ai pas parlé avec elles. J’ai pas vraiment parlé d’ailleurs, juste un peu avec un chinois, enfin un de par là-​​bas quoi. C’est lui qui m’a expliqué. Bizarre comme gars, c’est pour ça que j’ai pas parlé aux autres. Il m’a pas dit son nom. Je connaissais que Onel, en fait.

C’était assez grand, plutôt chicos. Pas mon genre, mais clas­sieux. Sur le coup, ça m’a fait rire de me retrouver là, c’est pas moi qui aurais combiné un truc pareil ! Tout le monde avait l’air à son affaire, du coup j’étais tran­quille. Mais je restais attentif, évi­demment. Oh, j’ai pas honte, mais j’étais impres­sionné, ouais… C’est que ça arrive pas tous les jours ! Il faut savoir pro­fiter quand il y a une aubaine, c’est ce que je dis souvent.

Avant de rentrer, je suis allé en des­cendre une, ça m’avait donné soif. Mais je le referai pas, ça m’étonnerait, ça non. Trop étrange. Je suis un gars simple, moi, je fais gaffe.

Partager ce texte

Réagir, interroger, ouvrir

contact

2017 © frth