par Franck Thomas

Collaborations artistiques

L’hérésie

mai 2011

Approche du travail de g@rp, publiée sur son site à l’occasion des Vases Com­mu­ni­cants de mai 2011.

— Ça y est, ils ne sont plus qu’à quelques années-​​lumières.
— Va pré­venir le Bon.
Le mutant sortit pré­ci­pi­tamment, man­quant cogner son encom­brante coquille contre les murs de la capsule. Il ne s’y fera donc jamais, à ce vaisseau-​​relais en per­pé­tuelle expansion ? ! Et encore, pas si long­temps qu’il y rôde, lui ; comment font les autres depuis ces années ? La petite couche qu’il occupe se trouve dans une des ailes récemment construites sur le navire, emmenée par l’un des délégués de la flotte. L’endroit n’est pas très grand, mais aménagé à son goût : il y a reproduit l’ambiance amé­ri­caine de sa civi­li­sation d’origine, dont chaque membre d’équipage connaît l’effondrement récent. Lorsqu’il en parle, il use d’ailleurs volon­tiers de mots tels que “l’autre monde” ou “ma vieille barque”, et exhibe alors avec un petit sourire le seul vestige qu’il eut emporté de là-​​bas : une ancre sèche et morne, dont les plus jeunes ne connaissent pas l’usage.
Au sein de l’équipage varié qui peuple le vaisseau, le mutant mous­tachu est à son aise ; la civilité est de mise, et per­sonne n’exprime de sur­prise à la vue de l’appendice coli­ma­çon­nique qui lui arrondit le dos. Excrois­sance caudale pour cer­tains, parure tra­di­tion­nelle pour d’autres, aucun n’est près d’imaginer que cette coquille d’arobase est la marque d’une errance ancienne dans les sou­ter­rains d’une bâtisse impro­bable. Aventure fon­da­trice, seconde nais­sance dont il tait mys­té­rieu­sement le détail… Après l’épisode, il avait pris l’habitude de se retirer comme en lui-​​même dans ce nouveau caisson d’isolement, pour confronter son regard à l’exigence de sa solitude. Mais depuis qu’il a rejoint la nébu­leuse, cette habitude l’a presque quitté : il trace désormais sa piste dans le sillon partagé des com­pa­gnons de route.
Sauf que depuis quelques temps, un mois pré­ci­sément, la ten­tation lui revient d’inspecter le fond de sa coquille : il y souffle comme un bourdon parasite…
— Oui ? Ah, tu tombes bien, mon bon Garp…
— G@rp, ô sage… et, euh, c’est vous le Bon
— Ah non ! Arrête un peu avec ces conneries, s’il te plaît ! On a mieux à faire que de se plâtrer de la réplique liquo­reuse, laisse ça à nos ennemis !
— Jus­tement, ô s… euh, ils arrivent.
— Ah déjà… Merdre alors, j’étais dans la pré­pa­ration du pro­chain atelier de navi­gation. Écoute ça, c’est fan­tas­tique : le récit d’un pionnier que j’ai retrouvé dans les cales du navire. C’est l’essence de… il décrit… il y pointe déjà les ques­tions essen­tielles qu’on tra­vaille aujourd’hui : en quoi la modu­larité de nos vais­seaux influence-​​t-​​elle notre manière de naviguer ? Pourquoi les… Comment s’envisage le déploiement d’une flotte dont les élé­ments ne sont pas groupés der­rière un capi­taine mais guidés par les direc­tions mêmes qu’ils déter­minent ? C’est incroyable, il vient à peine de quitter sa planète, qui est encore une planète natu­relle à l’époque bien sûr, et il s’interroge : « Est-​​ce l’attrait seul du large qui m’emporte ainsi, ou bien les pro­messes de rap­ports inédits au monde ? »
— Certes, euh… c’est fan­tas­tique… mais… le rapport qu’on s’apprête, nous, à vivre très pro­chai­nement, n’a mal­heu­reu­sement rien d’inédit, et…
— Oui, j’ai compris. J’arrive, Garp.
— G@rp, sag… euh, Bo… enfin… avec arobase quoi…

*

Figure plissée, regard aigre, lèvres cou­pantes : ses lieu­te­nants n’osent aborder le roi des Éditeurs. À mesure qu’il approche de la rébellion, le monarque s’affûte en silence.
— Nous arrivons, Sire.
La céré­monie d’allégeance des vassaux venus des trois mille cinq cents coins de l’empire, d’habitude source de joie pour le sou­verain, n’est parvenu qu’à faire appa­raître avec plus d’éclat l’insolente absence des insurgés. Une colère froide enve­loppe le trône : qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette reine du Blog. Va-​​t-​​elle le narguer long­temps encore, de son misé­rable et naïf micro­cosme ?
Lorsque, quelques années plus tôt, une pre­mière nébu­leuse autonome avait com­mencé de remuer, le roi n’avait pas cru néces­saire d’y lancer des émis­saires : que les fous s’ébattent entre eux, en péri­phérie du royaume, c’en sont tou­jours autant qui ne trou­bleront point la pai­sible obéis­sance des sujets ! Erreur… Que n’a-t-il dès cet instant maté dans le sang cet hydre naissant. Le monstre prenait de l’ampleur, jusqu’à devenir insai­sis­sable. Et puis il enfanta…
Quelques pla­nètes d’abord, de bric et de broc, com­men­cèrent à se sous­traire à l’orbite royale. Et puis une mul­titude. Innom­brable. On en construisait de partout, les pre­miers sur place offrant les outils et le savoir-​​faire aux arri­vants pour leur per­mettre d’entamer la leur. Il y en eu de tem­po­raires, d’autres s’agré­gèrent, chacune devenant le relais des sui­vantes, de sorte qu’il fut dès le début impos­sible d’en déter­miner le centre. On porta bientôt aux oreilles du roi que la popu­lation de la nou­velle nébu­leuse, pour ses acti­vités, entendait bien se moquer du cens ordi­naire et refuser l’implantation des pri­sunic obli­ga­toires sur leur ter­ri­toire. Allait-​​il tolérer un tel outrage ? On lui proposa d’envoyer dans ces contrées impies quelques per­cep­teurs mer­ce­naires déposer par la force sa majes­tueuse quit­tance. Mais le roi recevait alors son gendre et son neveu, et ne prit guère au sérieux ces menaces de cens interdit. Une éco­nomie parallèle se mit en place ; une pincée de sable face aux énormes chan­tiers royaux four­nissant l’empire, mais qui petit à petit grippait leur belles machines sans doutes huilées avec trop de confiance… Là encore, le roi ne réagit pas tout de suite : il recevait ses com­man­dants de fré­gates pour la remise des déco­ra­tions mili­taires. Il fallut que le nom de la reine du Blog traî­nasse sur les lippes de la cour pour qu’enfin son orgueil se réveille. Comment ? Une autre dynastie au sein même de SON royaume ! Mais il était déjà trop tard pour s’offusquer ; lorsqu’on lui fit le détail du désastre, il arma sur le champ son armée d’aéroe­nerefs, bien décidé à pilonner sans merci les auteurs de la muti­nerie.
Cette imper­ti­nente plai­san­terie touche à sa fin. Reine de rien et sur­vi­vants ram­peront bientôt à ses pieds, implorant pour sur­vivre le contrat déri­soire qu’il leur lancera du bout des doigts, comme le quignon aux men­diants ; ils se déchi­reront pour ce papier sans valeur, sous les œillades ravies de la cour ; puis il prendra le vain­queur et le mènera à ses bour­reaux, qui l’abandonneront au rivage cri­tique de l’agonie, dépossédé de son nom ; et le roi rira alors de voir le sur­vivant, nu, la honte sur le corps, errer sans fin à la recherche de lui-​​même.

*

À bord du Publienet, tout le monde est sur le pont ; le Bon vient de parler. Il n’aime pas ça parler en meneur, ça se sent ça se voit, ça l’emmerde cette guerre. Il n’a pas pu finir de pré­parer son atelier ; ça le plombe d’organiser la défense au lieu de pour­suivre la défriche. Toutes les pla­nètes ont envoyé leur repré­sentant. Fas­cinant spec­tacle pour G@rp, qui ren­contre enfin plu­sieurs figures actives de la nébu­leuse ; sur­prise à nouveau, en décou­vrant leur sim­plicité, leur chaleur. Immé­dia­tement, il reconnaît un nouveau venu qui fit un peu de bruit à son arrivée ; sa petite taille le dis­tingue des géants du lieu. Un garçon plein d’humour, au surnom comme un étendard par lequel seul il se pré­sente : Petite-​​Hauteur.
G@rp aperçoit aussi ici et là quelques navi­thé­caires, ces experts car­to­graphes formés par l’empire, venus à la nébu­leuse le savoir en partage, au nom de la haute idée qu’ils se font du voyage. Une partie de la foule lui demeure pourtant inconnue, et il goûte avec émer­veillement la variété des allures, des profils — cer­tains ne sont pas même navi­ga­teurs ! Mais tous ont déjà voyagé, bien sûr ; il n’y a que ça, des bour­lin­gueurs, sur les pla­nètes avoi­si­nantes. Au loin, tiens donc ! c’est l’ami Gévissac. Il est donc parvenu à stopper quelques heures son sinueux périple ! Que devient-​​il, ce jeune loup ? Tou­jours à la pour­suite de la fuite ?
Le mutant va pour le rejoindre, quand un souffle violent lui balaie l’échine « frrrrrrrrrrrrrrrrrrrth ! » ; il perd l’équilibre, et comme sa coquille percute le sol en un bruit mat, une voix de l’intérieur lui murmure une brève injonction :
— À droite !
Allongé, assommé, il ne saisit pas tout de suite ; puis, machi­na­lement, obéit du regard. À droite s’étire l’infini galac­tique et, juste devant, dans un bâillement, Yzabel.
Yzabel, ancienne voisine de chambre d’un hôtel oublié ; Yzabel, horizon inavoué, aussi.
Elle a compris la chute après coup, se pré­cipite. Pas de mal, mais il grimace un peu pour la scène.
— Qu’un jour l’élève relève le maître, bien il fallait… Bonjour, Djeune Jedi.
Elle sourit — ah ce sourire ! — s’incline res­pec­tueu­sement. Ils ont sans un mot enfilé, comme en chacune de leurs ren­contres, les rôles-​​clés du mythe fon­dateur de l’empire. On pourrait croire au jeu de la séduction, mais pour G@rp, ça n’est qu’une quête impos­sible ; juste un baume apaisant pour oublier la dis­tance qu’ils habitent. Car un autre la tire hors d’elle, un navi­gateur l’attend. Un vrai, un héros tour­menté par les dieux, une icône aux dix et mille vertus, tou­jours sur la route ; autre chose que lui, cul lisse sur une couche amé­ri­caine… Alors, pour oublier cet injuste partage du monde, il devient chaque fois pour elle un maître rieur, issue de la légende d’une guerre des étoiles mal­heu­reu­sement bien d’actualité aujourd’hui. Si seulement il pouvait réel­lement être maître de quoi que ce soit…
Bon sang, d’où venait cette voix ?
On s’agite soudain sur le pont. On dirait que ça com­mence.
— L’ennemi est là ! Armez vos hashtags !
« Le hashtag, c’est l’arme du pauvre » avait un jour dit le roi sur les ondes offi­cielles. Une fois n’est pas coutume, G@rp était plutôt d’accord avec lui sur ce coup-​​là.

*

— Majesté, nous somme prêts.
— Armez les pilons.
— C’est fait, Excel­lence.
— Pré­parez les matraques média­tiques.
— À vos ordres, Sire.

*

Le combat fait rage. Constatant que le pilon est sans effet sur les volumes intou­chables des rebelles, le roi fait monter sa presse pour le matra­quage. Et l’élite de la flotte royale s’élance ; bientôt tout l’espace subit la mitraille affamée des pilotes — les fameux crocs-​​niqueurs, dans le jargon de l’empire. Acculée, la nébu­leuse se replie sur les vaisseaux-​​relais. Mais la bataille ne fait que com­mencer. Le roi le sait bien : l’issue se jouera au corps à corps.
Ses aéroe­nerefs sont déjà sur le Publienet ; per­sonne en vue sur le pont. La pre­mière unité accoste, une com­pagnie s’aventure. Les soldats, camou­flage ger­ma­no­pratin sur le dos, s’avance d’un in quarto prudent. Formés à la signature, à l’indivisible, ils sont perdus dans la forêt de statuts qui jonche le navire, en un ron­flement gran­dissant. Ils frappent à l’aveuglette, récoltant en retour une volée de rétro­liens. Les rangs s’élargissent, des voix leur susurrent : « Follow me… Follow me… » Les nerfs s’effilochent.
— Attention ! Une béhue : danger ! Repli en cuir de cou­verture !
Mais trop tard ; ils se sont déjà perdus dans la toile de l’équipage…

*

G@rp est à l’affût. Il en a repéré un. Planqué der­rière un pseudo, le laisse venir à sa hauteur, puis, sur le point de…
— Elle t’attend !
Ça résonne jusque dans ses épaules. Coupé dans l’élan — putain de voix ! — , voilà le soldat qui se retourne, et il n’a que le temps de s’enfuir en zig­za­guant pour éviter ses marques-​​pages acérés ; dans les dédales du navire jusque en un recoin tran­quille, se faufile comme il peut. Salo­perie de flip­perie de maudite ! Un coup d’œil en arrière : ça va, le mange-​​papier est semé. À nous deux ’spèce de par­lotte imbécile !
— Elle n’est pas loin, tu le sens. Va la rejoindre !
Premier verdict : pas de doute, ça vient de l’arobase. Sauf que c’est pas vraiment le moment d’aller voir qui s’y planque…
— Qu’est-ce que tu attends ? Vas-​​y !
Ah oui ? Hé ben d’accord, si tu le dis bouffi, tu l’auras voulu ! Et G@rp, pour la pre­mière fois depuis des mois et malgré le danger ambiant, retourne au fond de sa coquille à la ren­contre de son étrange hôte.

*

— Allo ? Ouhou, il y a quelqu’un ?
— Mais oui, je suis là. Tu sais bien.
— Mais… qu’est-ce que vous foutez chez moi !
— Tu m’as invité, mon ami.
— Quoi ?
— Tu ne te rap­pelles pas ?
— Je te connais même pas !
— Pas beaucoup, c’est vrai. Mais c’est jus­tement l’occasion de faire mieux connais­sance, tu ne trouves pas ?
— C’est surtout pas le moment, je dirais !
— Tu devrais en pro­fiter, je ne reste pas long­temps.
— Ah ben, c’est plutôt une bonne nou­velle ! Si tu pouvais la mettre en veilleuse aussi avant de partir, tu serais bien aimable. Pas envie de me prendre un coup de mas­sicot sur la tronche à cause d’un sen­ti­mental dans la sou­pière !
— Peut-​​être, mais tu n’as pas le choix. Tant que j’y suis, je fais ce que je veux.
— Mais… tu… c’est par sadisme, c’est ça ? C’est quoi ton truc… ?
— Allons, c’est pour ton bien, au contraire.
— Tu… t’es un malade… Je vais te…
— Oh, oh, on dirait que ça s’agite au dehors…
— Ah pétard ! Je… Tu perds rien pour attendre !

*

Il fait sombre. Au sortir de la coquille, un bruit inter­rompt G@rp ; effec­ti­vement, on dirait qu’il n’est plus seul — enfin, à part l’autre taré de l’arobase. Gévissac, c’est toi ?
— C’est peut-​​être bien elle ?
Ah, la ferme, l’hôte ! G@rp émerge silen­cieu­sement d’un bouquin trompe-l’œil. Il y a du mou­vement dans le back-​​office. S’agit d’aller voir ce qui se passe. Allez G@rp, un peu de sang-​​froid…
— C’est elle, j’en suis sûr.
… tu vas bien réussir à faire abs­traction de cette voix débile…
— Peut-​​être qu’elle t’a préparé une sur­prise.
… bon d’accord, c’est pas gagné. Pas à pas, il s’approche, sans pouvoir encore dis­tinguer l’intrus. L’aventure est exci­tante. Ça lui rap­pelle l’espionnage du temps de sa contrée d’origine. Une vieille his­toire, parait-​​il véri­dique : la dis­pa­rition sur facebook du wall d’un dénommé Berlin, qui aurait entraîné la chute des flux RSS… Encore cer­tai­nement un mythe urbain ; se rap­pelle aussi qu’un homme de petit taille dont il a oublié le nom avait pré­tendu y avoir par­ticipé. Et tiens, c’est marrant, parce que c’est aussi un homme de petite taille qui se trouve à quelques mètres de lui en ce moment.
— Non Sire, la reine du Blog était un leurre. Mais ne vous en faites pas, tout est en place. Dans quelques minutes, j’aurai terminé de hacker leur vaisseau. L’empire tout entier verra qu’on ne pro­voque pas impu­nément l’empire, vous pouvez compter sur moi. Il est temps de tourner la page, moua­ha­ha­ha­haahah ! Longue vie au roi !
Fichtre ! C’est Petite-​​Hauteur ! Le traître ! Il s’apprête à pro­voquer un déni de service sur le vaisseau. Que faire ?
— T’aurais mieux fait de m’écouter. Elle t’attend tou­jours.
AH TOI, TA GUEULE !
C’est sorti tout seul. Petite-​​Hauteur se retourne d’un coup, il aperçoit le mutant et se pré­cipite sur lui en hurlant ; une lutte sauvage s’engage.
— Tu crois que c’est comme ça que tu vas l’impressionner ? Un combat de coqs ? Ridicule…
Les deux hommes ont roulé sur le sol. Malgré sa petite taille, l’autre est trapu comme un serveur Apache ; mais G@rp est en supé­riorité numé­rique.
— Je peux aider, peut-​​être ? Elle va se lasser et partir, tu sais.
Petit-​​Hauteur a main­tenant le dessus, il est sur le point de trancher de la lame de son coupe-​​papier la gorge du mutant ; attisée par la voix de l’arobase, la colère de G@rp pro­jette alors l’ennemi hors d’atteinte ; il se relève, le mutant est sur lui désormais ; quelques typos bien placées entre les deux yeux le tiennent en respect, mais le nain reprend vite l’avantage ; dans un fracas étour­dissant, il plaque au sol le gas­té­ropode et se libère de son étreinte ; l’issue devient cri­tique, le traître s’apprête à débrancher le secteur, quand tweet ! un hashtag furtif le grille sur le coup, laissant son corps fumant se froisser dans la main de son adver­saire. Pas mal, ces petites choses fina­lement, se dit G@rp en souf­flant sur sa paume les cendres de l’ennemi.
— Garp ! Garp ?
Cette voix.
— Garp, tu n’as rien ?
Yzabel. Elle se penche main­tenant sur lui, lui prend la main.
— Attention, Yzabel, Il peut y en avoir d’autres !
— Non, Garp, ils sont tous en fuite.
On entend en effet au dehors les cris vains des assaillants dans la débâcle.
Elle est près de lui à nouveau. Tiens, pas de remarque miel­leuse du fond de l’arobase ? Malgré la douleur, G@rp amorce un sourire.
— Alors, Djeune Jedi, on se permet main­tenant d’écorcher le nom de son maître ?
Elle se rap­proche encore. Elle sourit à son tour.
— Non, ô Garp. Après ce combat, c’est le maître qui est écorché et qui doit désormais changer de nom …
Et d’une main dont la douceur le saisit, elle caresse alors un dos qu’il s’étonne de sentir libéré de coquille, libre à présent de porter sa des­tinée loin des affres du passé.

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