par Franck Thomas

Frontière

septembre 2013

Sur la route, une main tendue.
Un trait saillant, qui déchire le trottoir.
Je vois les pas­sants éviter l’entaille.
Comme eux, j’ai d’autres combats à mener. J’approche, et je me per­suade de mon urgence. Je ne regarde pas plus haut que la manche.
Comme eux, je détourne la jambe, pour une vic­toire facile.

Mais les lames sont plus nom­breuses ; et les pas plus futiles.
Et nos marches, elles aussi, un jour seront atteintes.
Finis les grands élans.

Et nous serons à terre.
Les jambes coupées, les épaules basses. Menton oblique.
Et main tendue.

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